Thierry BÉNARD

 

libraire aux longs cours

 

 Trente ans de librairie ancienne et des milliers de livres achetés, catalogués, vendus, des tonnes de cartons portés, transportés, auraient du me faire maudire Gutenberg pour l’éternité et me détourner à jamais de l’écrit sous toutes ses formes. Pour un libraire, la passion du livre est forcément la plus forte, et tant pis, ou tant mieux, si ainsi nous ajoutons un volume sur les étagères de nos bibliothèques.

 RENÉ BRUNEAU

 

Professeur, écrivain

 

Passé le temps des études, c’est le jeune prof qui, martyrisant son Olivetti, ébauche pour le plaisir, des intrigues autour d’évènements et de personnages surprenants ou méconnus de l’Histoire. A l’occasion, des travaux d’écriture plus ponctuels, tels une biographie régionaliste du poète vendômois Ronsard, ou un scénario pour la télévision.

Puis à la demande d’une troupe de théâtre amateur, j’écris une première comédie de boulevard, suivent cinq autres pièces,

L’heure de la retraite va  me permettre de revenir au projet , des récits historiques plus ambitieux, impliquant un important travail de recherche puis d’écriture, et auxquels je peux désormais me consacrer librement.

 

 

 

J       Jean CHANRION

 

             chef cuisinier 

 

Je suis né au début de la guerre, et J’ai passé une grande partie de mon enfance à la campagne en famille, puis en pension dans mon village. Pendant ces années, j’ai appris l’amitié et le sens de la terre. Mes études se sont limitées au certif. Après cela, j’ai fait mon apprentissage de pâtissier. Pur autodidacte, j’ai conservé le sens de l’honneur appris dans la marine et, avant tout, celui de la camaraderie. Le bistrot fut pour moi la quintessence de la réunion de toutes ces valeurs.. Il fut le théâtre des moments magiques de ma vie de « bistrotier », de ces moments de fête, mais aussi d’émotion, où chacun s’enrichit de l’autre. 

 

       Sylvain CHATY

 

    astrophysicien                                

 

Astronome de cœur, astrophysicien de raison, amoureux du ciel, attiré par la vision des astres éphémères autant qu'éternels, calmes autant que violents...  Je suis absorbé par les anneaux de Saturne et les lunes de Jupiter, calmes, je scrute les trous noirs et les étoiles à neutron violents, je suis sensible au charme des étoiles filantes, éphémères, et je succombe à la splendeur des comètes, éternelles, ou presque...

          Jean-Marie CHOURGNOZ  

 

  photographe et peintre de la marine

 

le questionnement est toujours là…La géographie, les méridiens ne sont plus pour moi des repères. Comme de toute évidence je joue les prolongations, curiosité et gourmandise demeurent l’alpha et l’oméga de mes jours. Le bruit assourdissant du silence est la meilleure partition jamais écrite que j’aime réentendre à satiété. L’enivrant parfum des étoiles guide de solides réflexions jusqu’à la lévitation et l’aliénation du corps. J’ai asséché le temps. L’esprit demeure.

De jolies formes hantent mes nuits.Tendresse et caresse sont de rigueur. Elles sont infinies mais quelle joie en attente de la prochaine nuit,de me retrouver seul avec moi-même, de la poussière de lune plein le coeur ! Les pages du livre de ma vie tournent légèrement en attente de celle à venir…

 

 

     Jean-François CLERVOY

 

      voyageur de l'espace

 

 Suite à des études scientifiques, j’ai travaillé sur la conception d’engins spatiaux et sur les vols paraboliques en avion pour recréer l’apesanteur. Puis, pour allier ces deux expériences, j’ai réalisé trois missions spatiales dédiées àl’étude de l’atmosphère, au ravitaillement d’une stationrusse, et à la réparation du télescope spatial Hubble. Je mets maintenant mon expertise au service du développement de vaisseaux et missions spatiales futures, jusqu'au prochain décollage! Le voyage dans le cosmos me procura les sensations les plus extrêmes : la puissance du lancement, la légèreté de l’apesanteur, et la beauté de la Terre. Je vois ainsi le bout du monde comme un endroit difficile à atteindre, mais que l’on sait exister quelque part, loin des hommes mais proche de la Nature, où les sens sont aiguisés. Un endroit qu’il faut mériter car une fois atteint, il permet deprendre sur les choses un recul qui nous enrichit, nous fait grandir,et donne encore plus de sens à la vie≈

 

                  Alain CONAN 

       marin et explorateur d'épaves

Pour sa première plongée, il«gratte» l'estuaire de la Loire où, en mai 1940, des milliers de personnes ont été englouties. Sous le feu des bombes allemandes, la mer est en flammes. «Les épaves portaient la trace des incendies. Au toucher, dans une cabine remplie de vase, j'ai senti un masque à gaz". <le naufrage de Lapérouse, chargé de découvrir «toutes les terres ayant échappé à l'oeil de Cook», demeura longtemps un mystère qui inspira Jules Verne et bien d'autres. Puzzle éparpillé au fond des mers. Puzzle-presque-reconstitué par son équipe.

 

            Alain CONNAN

 

     commandant de la marine 

 

Mes parents étaient Agents Maritimes, consignataires de navires, et mes grands pères, Armateur et Officier de marine. Lors des rares moments de liberté, nous courions nous asseoir en bordure de mer, face aux puissants courants du Golfe contre lesquels luttaient les flottes de Sinagots, merveilleux voiliers de la petite mer qui partaient ou revenaient de pêche. Nos conversations n’étaient pas originales, nous parlions de cargos, de vaisseaux, de Capitaines - en résumé de tout ce qui dans nos têtes figuraient notre avenir.

C’est vrai, je ne me suis jamais posé la question de savoir quel serait mon métier tant l’évidence était là. Alors, comme Jean, Georges, Francis, Six sous, Jo la braguette, Bout de bois et les autres, j’ai fait le plus beau métier du monde, celui dont j’avais rêvé, petit garçon.

        Raethia CORSINI

 

         journaliste

      

 Écouter et raconter des histoires, c'est ce que j'aime et ce que je fais en tant que journaliste depuis plus de vingt-cinq ans. Je suis né au début des années soixante à Milan, au nord de l'Italie, mais j'ai toujours eu le cœur au sud. C'est pour cela que je vis à Rome. J'ai beaucoup voyagé. Voyages géographiques, voyages mentaux. A chacun de ces voyages, j'ai rencontré des gens et des histoires dont me suis inspirée pour écrire des récits. Quelquefois, ce sont les histoires qui m’ont rencontrée et ordonnée de les écrire.

           Louis COZAN

 

             gardien de phare    

 

lorsque arrive l'adolescence, l'océan devient pour moi, comme pour tous mes camarades, la route obligée vers d'autres couleurs et d'autres senteurs; le chemin vers les fruits exotiques et les amours sucrées tels que l'on peut les imaginer en regardant les affiches des compagnies maritimes que l'on trouve dans chaque maison. A quinze ans, j'étais marin au long cours.Je deviens donc, comme la plupart de mes amis d'alors, marin au large. Chaque mois, ou presque, on croise aux abords de l'île s'il fait nuit, je ne vois que la ceinture des phares qui l'entourent, ce ballet des feux colorés qui ne tremblent jamais et qui signalent l'île aux marins. Il faut avoir croisé aux abords d'Ouessant par une nuit sans lune pour mesurer combien les phares dégagent de puissance rassurante et pour aussi, pour peu que l'on soit enclin au romantisme, envier ces hommes qui veillent dans leurs lanternes bourdonnantes de technologies inconnues.

 

  Thibaut DELORT LAVAL

 

             officier de marine

 

J´ai navigué loin mais rien ne m´a marqué comme les matins dans les Iles sous le vent. Songeur face au sud depuis l´Hôtel de la marine,puis face au nord depuis les combles du Quai d´Orsay, j´ai noirci du papier ministériel qui a parfois intéressé. J´ai travaillé longuement avec l´Allemagne et elle  m´en a gratifié d´une croix de fer. J´ai quitté le service de la République pour l´Europe centrale. Je m´en évade selon l´humeur pour courir les flots ou, le plus souvent, reprendre le fil de ma rêverie.

    Veroniqu   DERACHE

 

      peintre

 

 

Une illustration en noir et blanc... bon... me voici au pain et à l'eau, à contre emploi, face à face en quelque sorte, moi qui aime la couleur, la matière, le volume, la lumière, les toiles vigoureuses et colorées, la recherche de la transparence.

Tout ce qui fait l'essentiel de mon travail de peintre. Travail initié dans l'enfance et qui n'a cessé de me suivre à travers les événements heureux ou douloureux, à travers mes nombreux déménagements, en Italie notamment où j'ai découvert avec délice les techniques anciennes, la feuille d'or, le travail si particulier de la couleur dans cette lumière enchantée. Mais, traduire l'intériorité des êtres, des choses, leur subtile quintessence, la vérité d'un regard, l'intensité d'une émotion, sont des défis qui me passionnent tout autant.

Alain de VALENCE

 

pilote d'aéronautique

  

 J'ai eu la chance d’effectuer mon service militaire comme pilote dans l’aéronautique navale qui venait précisément de se doter de ce type d’appareil. S’en est suivi une carrière classique de pilote de ligne au sein de notre compagnie nationale. Bien sûr, en parallèle, je n’ai jamais cessé de pratiquer une aviation plus rustique, plus légère et parfois plus aventureuse sur des monomoteurs. Là où l’intimité avec la machine est plus « humaine », là où le moindre toussotement de son moteur vous concerne directement… Ce serait forcément un lieu commun de vouloir exprimer ce que l’avion représente pour l’aviateur. Toutefois, il peut se transformer en un trésor qui nous dépasse comme dans cette aventure qui m’est arrivée.

     Stéphane DUGAST

             reporter

 

Depuis plus d'une décennie, je multiplie les enquêtes sous toutes les latitudes avec un fort «tropisme» pour la mer, les univers polaires, les aventures et les immersions en tous genres. Mes pérégrinations m'ont ainsi fait embarquer aussi bien sur un trois-mâts en Amazonie, dans un sous-marin en patrouille, sur la banquise que bourlinguer sur des routes insolites dont la mythique Route 66 aux USA.Reporter globe-trotter, je collabore à Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale depuis 1945 et pour ses déclinaisons multimédia.Je réalise également des films documen-

 -taires pour la télévision.

               Bobby FEW

 

           musicien, pianiste

 

 

J'ai assuré deux concerts pendant le festival de Sant'Anna. Le premier avec huit musiciens dirigés par Alan Silva. Je retrouve des musiciens arrivés de New York que je n'avais pas vus depuis vingt ans. Pas de répétition, pas de partition ... avec Alan c'est comme çà : il dirige en faisant des bonds dans l'espace, des gestes amples, d'autres saccadés, des arrêts brutaux, des reprises très douces, d'autres fulgurantes - une heure et quart non stop !Pour le second concert, je suis en trio avec mes âmes soeurs musicales : Harry à la basse et Ichiro à la batterie.Derrière nous c'est Archie Shepp qui se produit. L'ambiance est fraternelle, on prend les repas ensemble, on discute, pas de tension, on est entre nous ... on sait de quoi nos vies sont faites ... 

       Loïc FINAZ

 

      officier de marine

 

 Je suis un marin de guerre, un homme de mer et d'équipage. J’ai navigué sur des avisos, des frégates,des sous-marins et bien d’autres coques encore. Je n’ai pas été moussaillon, mais plus d’une fois commandant. Vous m’imaginez sûrement ainsi en vieux barbon, maisvous seriez surpris de découvrir que commander est l’une des plus belles manières de servir les autres. Et que cela permet de rester jeune, de cœur en tout cas. C’est pour cela que j’aime toujours les appareillages et les bouts du monde. Mais si mes navigations m'y ont bien souvent porté, c'est aussi dans ma tête qu'ils existent.

 

     Hubert de GEVIGNEY

 

    officier de marine

 

Je ne me sens bien que lorsque j’ai un départ sur le feu, et cela ne s’arrange pas avec le temps qui passe. J’ai fait carrière – comme on dit - dans la marine, du pompon rouge aux étoiles, très gâté par une institution qui m’a sagement tenu éloigné des bureaux et de la Métropole, une grande partie du temps. J’ai fêté mes vingt-et-un ans à Beyrouth, mes vingt-deux sur le Grand Bara, mais, embarqué à bord d’un aviso-escorteur sur la route de la Polynésie vers l’Océan Indien, à la faveur de la ligne de changement de date je n’ai pas vécu le 9 septembre 1974, jour normalement dévolu à l’accomplissement de mes vingt-trois ans. J’ai saisi l’opportunité et décidé d’arrêter le comptage. Je mourrai donc dans ma vingt-troisième année, ce qui m’épargne la crainte de retomber en enfance. Vu le nombre de preuves (les nez retroussés, les yeux verts, les mélanges détonants, les nuques mousseuses, les fossettes, le jazz…), je pense sincèrement que Dieu existe. Je n’aime rien plus que les rencontres et les retrouvailles.

 

       Alexis GRUSS

 

artiste, directeur de cirque

 

Je suis né dans la caravane de ma grand-mère, à Bart, pendant l’Occupation, le 23 avril 1944. C’est le jour de la saint Georges, saint patron des cavaliers. C’est le jour de la naissance de Shakespeare. C’est aussi le jour de sa mort. Ce qui me donne un avantage sur lui, parce que je le sais. Je sais également que «être ou ne pas être » n’est pas une question. C’est une réponse. On se pose la question si on n’a pas compris qui l’on est. Ce que l’on est aujourd’hui n’est pas ce que l’on était hier, ni ce que l’on sera demain : nous sommes tous des passants, nous sommes tous du bout de la piste.

 

     Ahmet   GÜLBAY

 

    musicien, pianiste

 

 Musicien, j’ai quarante-six ans. Vingt ans de bringues à Saint-Germain des Prés, du Bilboquet au Village, en passant par le Montana. L’humeur vagabonde et l’âme poète, toutes les nuits, les fantômes de Saint-Germain me hantent… Entrez! Entrez ! Venez jammer, on empêchera les voisins de dormir, on réveillera les artistes maudits et ceux à la mode. Il n’est pastrop tard, c’est l’heure, profitez, le jazz ne dort jamais. Mon vice ? La joie de jammer sur les notes bleues. Le jazz n’est pas une blague : il faut improviser à mort, jusqu’au dérapage ! Je suis le pyromane du piano, et j’embraserai sans scrupules vos oreilles jusqu’à l’aube ! Une porte s’ouvre, on est dans le club, entre le paradis et l’enfer. Sûr que, de là où il est, Boris Vian apprécie.

       Joseph  HARDOUIN 

 

   officier de marine, expert maritime

      

 Né à cent cinquante mètres de la grève de la Houle, au port de Cancale et donc à la même distance de la mer, car la marée était haute lorsque je suis venu au monde, par un coefficient de vives eaux. Fils de capitaine terre-neuvas, petit-fils de terre-neuvas, lorsque mon grand-père est décédé à l’âge de 63 ans il totalisait 50 ans et 10 mois de navigation dont 22 ans à pêcher la morue comme patron de doris dans l’Atlantique nord. 

            J’étais donc génétiquement marqué « eau salée dans les veines », naturellement programmé pour passer ma vie sur l’eau et faire le métier de la mer. J’ai évidemment échoué à l’Ecole des Rimains à Cancale. Cette école était tenue par des Frères de la congrégation de La Menais. Ils enseignaient la navigation, la mer, la conduite des bateaux et toutes les disciplines nécessaires à un marin pour emmener son navire et sa cargaison sur toutes les mers du globe. Ensuite, je suis allé suivre les cours de l’enseignement supérieur de la Marine Marchande dans les écoles de Saint-Malo, de Paimpol et du Havre. J’y ai passé mon diplôme d’études supérieures de la Marine Marchande, qui m’a conduit au brevet de capitaine de première classe de la navigation maritime et m’a permis de commander toute sorte et surtout toutes tailles de bateaux.J'ai navigué sur des bateaux de pêche en Mauritanie et autour del’Irlande, puis sur des pétroliers dans les océans Atlantique et Indien, en Europe du nord et en Méditerranée. J’ai eu la chance de participer à la fabuleuse aventure de la Brittany Ferries :une compagnie de navigation créée par des paysans du Finistère Nord pour exporter leurs légumes vers l’Angleterre. J’y ai navigué 29 ans, dont 22 ans comme commandant. J’ai pu côtoyer ses créateurs, des hommes extraordinaires, intelligents, tenaces et courageux, réunis et emmenés par un Breton fascinant et hors du commun, Alexis Gourvennec.

 

         Stéphane HEUET

 

      dessinateur de BD

 

Il y a vingt ans j’ai entrepris un projet dont je ne verrai jamais la fin : adapter A la recherche du temps perdu de Marcel Proust en Bandes dessinées. Je conduis donc cette entreprise qui me comble d’un pas de sénateur, et accorde du temps à la voile, la lecture, la musique et l’amitié.

Les 7 tomes déjà parus sont traduits en 27 langues et je suis fréquemment invité à rencontrer mes lecteurs aux quatre coins du monde. Ce sont des voyages qui me font toujours rencontrer des êtres étonnants dans des endroits extraordinaires et vivre, parfois, des moments trop étonnants avec des êtres trop extraordinaires…

       Petrika IONESCO

 

 auteur, metteur en scène  

 

 

Mon premier spectacle professionnel  en Roumanie, fut interdit par la censure. Une poignante cassure. Ce pays n'était plus le mien. Je suis arrivé en France en 1970. Asile politique. Aussi incroyable que cela puisse paraître, en Roumanie, je fus condamné a mort. Trois premières années très difficiles à Paris. Puis la chance. Maintenant, j’en suis à mon 156e spectacle comme metteur en scène et décorateur. Théâtre et surtout opéra –

 

 

          Max JACOB

 

Poète, romancier, essayiste,

 

épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5 mars 1944, alors qu'il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis). Il passe toute sa jeunesse à Quimper (Bretagne), puis s'installe à Paris, où il fréquente notamment le quartier de Montmartre et se fait de nombreux amis dont Picasso, qu'il rencontre en 1901, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani.
Juif de naissance, il se convertit au catholicisme. Logeant au 7 de la rue Ravignan, l'image du Christ lui apparaît le 22 septembre 1909 sur le mur de sa chambre et il l'entoure d'un cercle. Il se fait baptiser à l'âge de 40 ans, le 18 février 1915, avec Picasso comme parrain.
En 1913, il séjourne à Céret (Pyrénées-Orientales) avec le peintre Juan Gris. Il y réalise une série de dessins du village.[réf. nécessaire]
Après avoir vécu à Saint-Benoît-sur-Loire de 1921 à 1928 auprès de l'abbaye bénédictine, il y revient en 1936 pour s'y retirer définitivement et y mène une vie quasi-monastique. C'est là qu'il est arrêté par la Gestapo d'Orléans le 24 février 1944, avant d'être déporté au Camp de Drancy, où il meurt d'épuisement deux semaines plus tard en dépit d'interventions tardives pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry. Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin qui prendra le pseudonyme de Max dans ses activités de résistant. Son corps a été inhumé en 1949 à Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe a été ornée d'un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché.
Le 17 novembre 1960, il est déclaré officiellement « Poète mort pour la France ». Il est répertorié comme « Poète - Romancier - Essayiste - Peintre » à la Bibliothèque nationale. Il a aussi traduit des textes du catalan en français. Un collège et un pont de Quimper (sa ville natale) portent son nom.

     Anne  LIARDET

 

           navigatrice

 

Histoires  de mer, récits de mer… Imaginaires ou réels, ces écrits d’aventures sont autant responsables de ma détermination, dès l’adolescence, à « faire du bateau » que le fait d’avoir habité au bord de l’eau depuis toute petite et d’avoir eu la possibilité, un jour, d’embarquer pour la première fois sur un voilier. Cette première fois a été suivie de beaucoup d’autres qui m’ont amenée  dans l’Atlantique, le Pacifique et l’Indien, et je me suis forgé mes propres récits. Mais lorsque je navigue au large des Açores, des îles Crozet, des Juan Fernandez, du Cap de Bonne Espérance, de la Polynésie, de Pitcairn , des Bermudes, dans la Caraïbe ou le détroit de Drake, il m’est impossible de ne pas évoquer ceux, fictifs ou non, héroïques ou misérables, marins anonymes, flibustiers fameux ou explorateurs célèbres qui ont marqué ces lieux de leur passage.

           Olivier LAJOUS

           officier de marine

 

Marin de l’Etat depuis trente-six ans, j’ai parcouru en mer l’équivalent de plus de vingt tours du monde, suis arrivé du large dans plus de soixante ports du monde, navigué sur les trois océans – atlantique, indien et pacifique, franchi les trois caps –  Bonne espérance, Horn et Leeuwin, et plus de vingt détroits – Bab el mandeb, Bonifacio, du Bordelais, du Four, du Fromveur, Gibraltar, grand Belt et petit Belt, Kattegat, Magellan, Malacca, Messine, Mozambique, Ormuz, pas de Calais, Otrante, raz de Sein, Sicile, Skagerrak, Suez, Teignouse, Tiran, Zanzibar…Embarqué pendant près de dix huit ans à bord de dix navires de toute taille, j’ai exercé trois commandements à la mer, le premier à vingt-cinq ans, le deuxième à trente-cinq ans et le troisième à quarante-cinq ans. Dans la pétole comme dans le grand vent, chacune de mes navigations a été un intense moment de fusion avec mes deux rêves : la mer et l’humanité !

        George LIMBOUR

 

             écrivain

 

Au Havre, ville natale de sa mère où son père, militaire, vient d’être muté, George se lie d’amitié avec Raymond Queneau et Jean Dubuffet, avec qui il débarque à Paris en 1918 afin de poursuivre des études de philosophie. Limbour obtient sa licence en 1923. A partir de 1920, il rencontre René Crevel, André Masson, Michel Leiris, Antonin Artaud, André Breton et Louis Aragon. Rejoignant les surréalistes, Limbour collabore à la revue de George Bataille ‘Documents’ jusqu’à sa rupture avec Breton en 1930. Journaliste de l’armée, il s’en fait expulser pour comportement provocateur et part alors enseigner la philosophie en Albanie, en Egypte et à Varsovie, avant de revenir enseigner en France. Passant souvent ses vacances en Espagne, George en fait la toile de fond de ses romans ‘La Pie voleuse’ et ‘La Chasse au mérou’. Dès 1944, Limbour contribue des articles et des chroniques sur les peintres (parfois sous pseudonyme) aux Temps Modernes, aux Cahiers de la Pléiade, au Mercure de France, aux Cahiers du Collège de ’Pataphysique ainsi qu’à L’Express. En 1924, l’homme aux semelles de vent, comme l’appelait Michel Leiris, publie son recueil de poésie le plus connu ‘Soleils bas’, illustré avec des eaux-fortes de Masson, réédité en 1972 avec une préface de Leiris. Limbour est également l’auteur des récits ‘L’Illustre cheval blanc’ (1938), ‘L’Enfant polaire’ (1921) et ‘Le Calligraphe’ (1959). ‘Dans le secret des ateliers’ (1986) rassemble ses critiques d’artistes.

     Alain LOUYOT

journaliste, grand reporter

 

Pendant une quarantaine d'années, j’ai parcouru la planète et "couvert" les grands événements internationaux pour les lecteurs des magazines Le Point et L'Express, avant de devenir Directeur des rédactions de L'Expansion. J’ai choisi de raconter ici ma rencontre, à vingt ans, avec une jeune "passante"lors du "Printemps de Prague", en 1968, et nos retrouvailles, un an plus tard, en pleine épuration de laTchécoslovaquie sous la botte soviétique. Un voyage romantique et parfois douloureux, qui fut aussi mon tout premier reportage.

             Yves MARRE

 

  inventeur, aventurier,  

   cofondateur d'ONG

 

  Lorsque, au début des années 90, j’avais créé avec un groupe d’amis d’Air France et de la Marine marchande une association nommée « Friendship », j’étais à des années lumières de m’imaginer où cela allait m’amener. Mon but était de procurer à des populations démunies des moyens devenus  désuets pour les sociétés occidentales. Il s’agissait, en l’occurrence, de péniches déclassées par l’Europe et destinées  à être détruites  alors qu’elles étaient encore en parfait état de fonctionnement. Scandalisés par cet état de fait, nous allions devoir beaucoup batailler pour faire revenir l’Europe sur ses décisions. Nous allions entreprendre d’importants travaux pour qu’une de ces unités, sauvée, puisse prendre la mer.  J’allais alors entreprendre une grande aventure depuis Marseille jusqu’au delta du Bengale via la Méditerranée, la mer Rouge, l’Océan Indien et le golfe du Bengale -  et ne plus jamais revenir. J’allais mener jusqu’à son terme l’idée de la péniche « Friendship Floating Hospital », et même devenir un jour citoyen de mon pays d’adoption, le Bengale oriental, le Bangladesh.

     Philippe METZGER

 

     officier de marine

 

                                                                                           

  ⁄ Ma jeunesse fut celle de La Marie-Joseph, de La Pêche à la baleine ou de La Mer de Claude Debussy. Le Kersaint, le Tourville et d’autres bailles à coque  grise me portèrent ensuite dans le monde de Neptune. La mer m’a façonné, éduqué, comblé. Mais elle m’a éloigné, meurtri, et je lui en ai voulu. Je lui ai donné des milliers d’heures et elle m’a pris des soleils. Alors je suis allé voir sur des flots moins liquides si elle était plus bleue dans le jardin d’à côté. Un écart vers quelques sirènes argentées me fit dévier de mon cap, déréglant mon compas, m’obligeant à des courbes de bassesse, moi qui étais formé pour les droites de hauteur. Mais la passion est plus forte, alors je suis revenu. De nouveau, la mer est mon quotidien. Je m’y consacre pour qu’elle soit la promesse de l’avenir de la Terre.

       Alain MINGAM

 

grand reporter, journaliste

 

  Dans mon parcours professionnel, j’ai tiré des bords en gardant toujours le cap. Aujourd’hui Consultant médias, commissaire d’exposition, directeur éditorial, journaliste –collaborateur de Polka magazine - grand reporter,critique photo, membre du Conseil d’administration et du bureau exécutif de Reporters Sans Frontières…..Lauréat du World Press Photo pour le reportage sur « L’exécution d’un traître en Afghanistan », rédacteur en chef à l’agence Gamma puis à Sygma, directeur de la Photo et rédacteur en chef Grands reportages du Figaro-Magazine et Président en 1996 du World Press Photo Contest, je garde l’image d’un bar toujours en pointillé dans le souvenir de chaque reportage ou de chaque pays traversé. Dans ma vie professionnelle et privée, les bars de proximité ou du bout du monde ont toujours été incontournables. Dans l’exercice du métier comme dans le commerce de l’amitié ou de l’Amour… d’une ville, dont ils sont souvent l’emblème de Paris à Berlin, Pin-Xao ou Maputo. 

 

           Mahyar 

MONSHIPOUR  KERMANI,

 

           boxeur 

 

Je suis un produit d’importation, made in Iran :ancien forçat de la vie par obligation – ramant entre le divorce des parents et la révolution islamique des fous de chez moi - je suis devenu forçat du ring par choix. Le choix de me faire aimer, de me faire accepter. Mes 23 ans de vie commune avec la France me permettent désormais quelques infidélités avec la Perse.Je vous amène donc visiter un café hors du temps - pour moi et hors dumonde - pour vous d’ici - et comprendre comment un peuple transforme tout vestige de son passé en lieu de passage - un Hammam en salon de thé- seulement pour le préserver, ce passé. De ce salon de thé, enfoui au cœur d’un bazar, loin du brouhaha ambiant, j’en ai gardé le souvenir de mes balades d’enfant et d’une visite unique d’adulte.Je vous invite au Hammam …

        Guy MORANDEAU 

 

          marin, pêcheur

       

         Comme dans un beau roman, par une nuit de pleine lune, au mois de juin 1959, par une mer argentée, plate et calme, j’ai embarqué à la pêche comme mousse. Les années ont défilé vite, très vite. Mousse, novice, matelot, puis patron pendant 25 ans. Le 30 décembre 1999, après la tempête du siècle, après 40 ans de mer, j’ai mis sac à terre.

            Alain ORTEGA

 

               officier de police

            

 Après  la Brigade criminelle de la Sécurité publique d’une grande ville du sud-ouest, j’ai rejoint une importante Division de la Direction Centrale de la Police judiciaire et plus tard un Service de Renseignements où je suis toujours en fonction.

                  Au fil de la discussion avec Elise Durr m’est venue l’idée de retracer un face à face avec un forcené . C’était aussi un défi… En écrivant ces lignes, j’ai une pensée pour mon ami Christian Caron, abattu, tout comme Fernand Seither, par un forcené au cours de sa dernière intervention à Ris-Orangis le jeudi 31 août 1989, alors qu’il était à la tête d’un groupe du RAID. ≈

 

  Jean-Pierre PERRIN

 

grand reporter, écrivain

 

  D’abord, ce vers de Jean Maheu qui flotte comme l’étoffe d’un rêve dans laquelle j’aimerais bien tailler ma devise: « Marche àcontre-mer, l’horizon te traversera d’un silence ». Ensuite,cette intimation d’un autre poète, Jean-Claude Pirotte : « Ne bois jamais seul ». Pas si simple pour qui fréquente en solitaire les bars comme autant d’exercices spirituels. Antonio Machado, autre maître à penser, écrivit : « C’est bien de savoir à quoi servent les verres : à boire. Mais il faudrait savoir à quoi sert la soif ».

             Bruno PHILIP

 

     grand reporter, journaliste

  

J'ai besoin des bars quand la nuit tombe ou quand l'aube se lève. Quand la nuit tombe, ils sont une promesse imprécise de ce que sera la nuit. J'aime aussi y être seul. J'aime y lire le journal, regarder les gens qui boivent et passent. Quand il est tard, après dîner, les bars sont pour moi une manière de conclure bien ou mal la soirée et, dans ce cas, je ne réponds plus de rien. Mais je ne pourrais envisager la vie sans bar : un coup de bar et ça repart.

A Rangoon (Birmanie), j'ai aimé le bar du grand hôtel The Strand, un endroit mythique du passé colonial britannique .A Bangkok, je vais toujours au Bamboo bar de l'hôtel Oriental. C'est rupin, un peu artificiel. Si j'aime y aller, c’est parce qu’on y nostalgise à loisir en buvant des Margarita ou des Martini vodka.

Il en existe bien d'autres, mais ce ne sont que des haltes éphémères sur la trajectoire de mes voyages, j'aime avant tout les vieux bars, surtout ceux des hôtels. Tiens, j'oubliais celui de l'hôtel Péra Palace d'Istanbul où, dit-on, Agatha Christie écrivit une partie du Crime de l'Orient Express. Et celui de l'Américan Colony, à Jérusalem, mais c'est une autre histoire...

                 Clotilde PROUST

 

 restauratrice de mobilier archéologique

 

   Petite, j’aimais gratter le sol dans le jardin, fouiller dans le sable sur la plage. À huit ans, j’ai visité l’oppidum gaulois de Bibracte, sur le mont Beuvray (Morvan), et c’est là que j’ai découvert l’archéologie. Bien plus tard, j’ai cherché un métier intéressant à faire « quand je serai grande ». Je voulais quelque chose de manuel et d’intellectuel. J’ai découvert qu’on pouvait restaurer les objets. : c’était exactement ce qu’il me fallait. Mais je voulais restaurer des objets particuliers, des objets qui racontent des histoires. Et je suis revenue vers l’archéologie.  Le métier que je pratique est finalement peu connu : il n’est pas courant d’évoquer la restauration d’objets archéologiques. Écrire la découverte d’un trésor me permet de parler de ce métier si singulier avec des mots à moi, et non avec des termes techniques comme j’ai l’habitude de le faire.

 

         Eugène RIGUIDEL

 

           navigateur

 

    Je suis allergique aux hydrocarbures, à la guerre, aux déchets nucléaires, aux Royaumes, aux Etats, aux pouvoirs, aux armes, à la torture, aux OGM, aux grillages autour des menhirs, au capitalisme. Je suis pour l’outil aux travailleurs, pour la retraite le plus tôt possible, pour la répartition des tâches et des revenus, pour la démocratie. Mon école buissonnière m’a poussé à la côte, et la côte aux bateaux. Pauvre et ambitieux, j’ai utilisé la régate pour naviguer et réaliser des bateaux comme je les aime. Mon enfance, peuplée de héros de littérature et de la lecture des livres de bord de mes grands-oncles, marins Marine marchande, m’a fait choisir la mer. Cancre, j’ai cheminé dans cet univers par la plaisance et la régate.« Plus de fuel, moins de vin rouge ». J’ai donc choisi la voile. L’apprentissage me semble la moindre des choses. J’en ai bénéficié grâce à Shackelton, Tabarly, Moitessier. Je fais de mon mieux pour transmettre à mon tour, in situe, par le récit oral ou… à vous .Bon vent A galon.

 

    Aldo ROMANO

 

   musicien, batteur

 

Je suis un immigré, un exilé plutôt, d’un pays, l’Italie, que je ne connais que tard dans ma vie. Je suis un paresseux qui est tout le temps occupé, le plus souvent à des choses loin de la musique mais reliées par un fil invisible. Un velléitaire de l’écriture, un musicien uniquement de jazz.

 

         

Edmond  ROSENFLED

 

concertiste, galériste                                                                                                                

Ayant vécu durant la période où la vie culturelle était étonnamment florissante à  Agen, ayant eu la chance d’y écouter de très grands interprètes, rien d’étonnant somme toute à ce que je me découvre plus tard une certaine propension à contribuer à la rénovation et aux avancées de la vie artistique de mon pays. D’où, après avoir été chargé de la programmation musicale de la Maison de la Culture d’Amiens, la création d’un ensemble original de quatorze solistes, Pupitre 14, préfigurant l’actuel Orchestre de Picardie. N’imaginant pas pouvoir créer plusieurs orchestres, j’ai opté pour plusieurs galeries. La première, à Bagnères-de-Luchon dans les Pyrénées, «Les Oréades», ainsi nommée en hommage aux nymphes des montagnes, la seconde à Toulouse, la troisième à Paris, et la quatrième à Moscou.  Certains pensent que je suis pianiste, d’autres chef d’orchestre, d’autres encore galeriste. En réalité, je ne sais pas véritablement qui je suis moi-même,  sinon toujours disposé à dispenser sans espérer jamais en être confortablement dispensé.

 

 

    

   François ROSTAIN

    maître d'armes

 

Le souvenir de ma scolarité n’est qu’une vaste succession, de peurs, d’ennui, de souffrance, de solitude. Je rêvais… Ma façon à moi d’échapper aux exigences du réel. Merci donc à l’école d’avoir fait de moi un vrai rêveur. Par contre la seule chose dans laquelle j’excellais était l’escrime, cela m’amusait beaucoup. Et puis j’existais !

À quinze ans, je décide de devenir comédien. Jouer, être un autre, être tous les autres, quel bonheur. Je n’aimais pas particulièrement les textes. Ce qui me plaisait c’était le sentiment animal d’être sur scène, un mélange de peur, de défis, de plaisir, d’adrénaline, de danger .L’école Charles Dullin a vu mes premiers pas, de belles rencontres de professeurs hors normes comme Christian Dente, Pierre Valde. Et puis la vie de bohème, des contrats, la course à l’intermittence.

L’escrime comme un fil rouge m’a maintenu dans une sorte d’équilibre. Elle a été un chemin de vie, dont je ne pouvais soupçonner les conséquences parfois chaotiques, mais oh combien constructives. Le face-à-face est la clé du duel ou duo, c’est selon.                       

             
      
Jean ROUAUD

 

        écrivain

 

Je viens d'une région où les hommes claquent la langue d'un air approbateur en avalant une sorte de vitriol vert et acide. Or personne ne peut prétendre honnêtement que le Gros Plant est un bon vin. Je viens d'un pays où les fidèles allaient chercher des chaises dans les cafés pour s'installer au fond de la nef, le dimanche à la grand- messe, où toutes les places étaient prises. Je viens d'une famille de buveurs d'eau. Même si j'ai découvert bien plus tard une carte de la croix d'or où mon père s'engageait à ne plus boire d'alcool. Il n'eut pas longtemps à tenir parole. Il est mort.

 

 

       

       Erick  SURCOUF

 

     chasseur de trésors

     
  On sait que des milliers de navires transportant divers types de cargaisons ont sombré dans toutes les mers du globe. Ce sont autant de « mémoires englouties » et de « capsules de temps » qu’il reste à découvrir et qui  peuvent être ressuscitées. Avec les nouvelles techniques de localisation,  de plongée et de récupération, il est possible aujourd’hui d’aller récupérer au fond des mers et des océans tous ces vestiges qui appartiennent au patrimoine de l’Humanité.  Sigmund Freud a dit un jour : « Le bonheur, c’est un rêve d’enfance que l’on réalise dans l’âge mûr ». N’ayant pas renié mes rêves d’enfance, c’est sans honte que je peux affirmer aujourd’hui que je suis un homme heureux.

 

   René URTREGER

 

   musicien, pianiste

 

Hier soir René Urtreger jouait au Sunset. La salle était bondée, les gens se serraient jusqu’à l’autre bout du comptoir, à quelques pas de l’entrée, pour être là. Et dès les premières mesures l’écoute se fait tangible, presque palpable. Pas étonnant : quelque chose se jouait sur scène, réellement – la Valse à Jeanne, bouleversante, mais aussi une vraie fraternité. C’était comme si René Urtreger, Yves Torchinsky, Eric Dervieu et Hervé Meschinet nous disaient, à chaque note : « Voici ce qu’on aime, voici ce qu’on fait, et ce soir on vous le donne, c’est aussi à vous ». Et ce n’est pas rien. J’ai su que la veille, après le concert, un homme d’une quarantaine d’années s’est levé pour remettre une rose à René et à tous les musiciens. On comprend aussi pourquoi il a été demandé par les plus grands, de Miles Davis à Serge Gainsbourg. Parce que c’est un homme de cœur, de parole et de colères – on l’entend bien dans sa musique, vous le retrouverez dans son récit.

 

    Claude THOMASSET

 

 Universitaire médiéviste et peintre.

 

Histoire des sciences et littérature aux XIII°- XIV° siècles. Peinture abstraite et, quelquefois, rencontre avec des mythes laissés au bord du chemin. L'occasion pour moi de rêver de revenir à mes premières années passées dans un village qui sentait le foin et dans lequel on rencontrait beaucoup de cœurs simples. Lesgrands-mères parlaient encore le patois franco-provençal. Pour tous ceux que j'ai connus, pour tous ceux qui peuplent une enfance,voici un souvenir parmi les autres et une silhouette qui montre le chemin.

 

 

  Frédéric TONOLLI

 

      réalisateur

 

J’ai vu le jour la première fois comme on me l’a raconté en 1959. Exactement à l’heure de l’apéro, on s’approchait de midi. Cet événement assez anodin mais malgré tout essentiel pour moi s’est passé sur la frontière arméno-italienne. Le no man’s land entre Issy-les-Moulineaux, Clamart et Meudon. Grappa, raki, vodka,tout était déjà là. Depuis vingt-cinq ans, je tourne par le monde avec ma caméra, comme un marin sans boussole. Les bars, les bouges,les cantinas et autres auberges sont devenus mes amers. En 1994, j’ai eu la chance de recevoir l’Albert Londres pour un documentaire tourné en Tchoukotka. Je crois en fait que c’était simplement pour célébrer ma première rencontre avec le samagon.

  JEAN VEDRINES

 

     écrivain

 

  Je suis né au bocage, dans le Bourbonnais calme et paisible, mais à Montluçon, ville ouvrière qui était alors en état d’insurrection permanente. Il m’en est resté le goût de la révolte, du grand soir, et la musique du vieux parler français, populaire et délicat, qu’ont mis à mort le pilonnage mécanique des médias, le verbiage de la marchandise, la langue désormais technique de l’école. Je me suis souvenu de ce monde et de ces mots révolus dans mes cinq romans, dont le dernier, La Belle étoile.

                       Comme le bocage m’étouffait, je me suis enfui dès que j’ai pu, et me suis trouvé une patrie imaginaire, une terre libre : l’Italie du sud, plus précisément les Pouilles, où j’ai vécu, aimé et, aussi rarement que possible, travaillé à la loyale. Deux romans (Château perdu,et L’Italie la nuit) ont été mes certificats de migrant, mes brevets d’installation à l’extrême sud de la Péninsule. Maintenant, entre Bari et Tarente, on m’appelle Giovan, mais ceux qui me baptisent ainsi, je les connais depuis bien plus longtemps qu’ils ne croient : ce sont les mêmes hommes anciens, simples et droits, dignes et courageux, qui ont veillé sur mon enfance.

 

     Georges VIGARELLO

 

directeur d'études à L' E.H.S.S.

 

  j’anime un séminaire intitulé « histoire du corps, objets méthodes ». Mes recherches portent, depuis plusieurs années, sur l’histoire du corps. Elles ont croisé l’histoire de l’hygiène et de la santé, l’histoire de l’apparence et de la beauté, l’histoire de sport, l’histoire de la violence comme celle de la virilité. Mon intérêt pour le sauvage qu’illustre le présent texte est lié précisément à l’histoire du corps comme à celle du genre et de la sexualité.

 

      Laurent de WILDE

 

         musicien, pianiste

 

     

                          Aussi, partant du principe qu'un écrivain ne fait jamais qu'inventer une histoire vraie, j'ai mis en scène cette rencontre entre Gérard et moi. Qu'il me pardonne s'il se reconnaît dans ces lignes, ce sont aussi bien d'autres patrons de club qui se sont agrégés à son personnage . Je tiens cependant à dire que tous les sentiments et anecdotes relatés dans cette histoire sont authentiques. Entraîner dans ma fiction des noms propres de musiciens étant un procédé qui m'embarrassait, j'ai préféré préserver leur anonymat. Cela dit, les habitués des Lombards sauront se reconnaître et pour ceux qui ne feraient pas partie de cette faune bigarrée, je ne vois pas l'intérêt de dévoiler leurs noms. Après ça, s'il y a vraiment des curieux, ils peuvent toujours essayer de  me poser la question en club, à la pause entre deux sets.

    

   

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